Des architectes influents

Les premiers architectes de Notre-Dame-des­-Neiges se sont inspirés de l’aménagement du cimetière Père-Lachaise à Paris pour établir un équilibre entre esprit classique et ode à la nature – mouvement répandu par l’influent philosophe Jean-Jacques Rousseau. Il s’agit donc d’un cimetière-monument romantique aux chemins sinueux bordés d’arbres, conçus par deux architectes influents.

Henri-Maurice Perrault trace les plans et implante les chemins sinueux, irréguliers, qui confèrent au Cimetière une ambiance romantique. Perreault était le neveu de John Ostell, alors architecte le plus célèbre de Montréal. Ostell a conçu les premiers bâtiments du Cimetière comprenant le charnier (aujourd’hui transformé et nommé mausolée Sainte-Claire d’Assise), la chapelle et l’actuel pavillon administratif en 1854-55.

Un autre architecte renommé a laissé sa marque : il s’agit de Victor Bourgeau qui, lui, contribuera à la construction des portes d’entrée d’origine (elles ont été modifiées en 1926) et à la construction des deux maisons attenantes. Bourgeau est d’ailleurs connu pour son magnifique travail à l’intérieur de la basilique Notre-Dame-de-Montréal.

 

Un cimetière sur la montagne

Au-delà de la superficie que le site offre, il y a une importance certaine à se trouver sur une montagne. En effet, dans la religion catholique, elle donne l’espérance de la résurrection promise. En pleine nature, Notre-Dame-des-Neiges offre un climat de quiétude, de recueillement et de contemplation.

Le paysage qui compose le cimetière est complexe et se distingue en trois zones distinctes :

  • La plaine : L’entrée principale sur le chemin de la Côte-des-Neiges est une composition parfaitement axiale représentative des cimetières catholiques : une croix centrale, deux anges dorés sur ses côtés, sur un terrain ovale entouré d’arbres. Cet axe va jusqu’à l’imposante façade du premier charnier du cimetière (actuel mausolée Sainte-Claire d’Assise).
  • Le plateau : En haut de la pente de la plaine, on trouve ce qui constitue la deuxième zone, aménagée selon un motif rectiligne. On y trouve la chapelle Notre-Dame-de-la-Résurrection et le pavillon administratif. L’aménagement de rangées d’arbres en bordure de chemin s’inscrit dans la lignée des cimetières de tradition monumentale. Le plateau monte aussi vers les sommets d’Outremont et de Montréal.
  • Le sommet : il se distingue par un aménagement typique de la tradition de la Nouvelle-France, soit un chemin de croix qui monte vers un calvaire, que de nombreux historiens de l’époque ont assimilé à la «montagne sacrée», une métaphore de l’âme chrétienne qui cherche à se rapprocher de Dieu.

La croix à l'entrée, identité catholique du cimetière. La croix originale en bois peint, est réalisée par le sculpteur Louis-Xavier Leprohon (1795-1876). Elle a été installée sur cet ensemble actuel en 1950. Les anges de la Résurrection réalisés par la fonderie A. Durenne à Paris, étaient sur les piliers de la porte monumentale d'époque.

 

Le calvaire

 

Des bâtiments essentiels, un accueil cérémoniel

Au cours des 50 premières années on aménage les tracés fondateurs, les sections initiales, et on construit les bâtiments essentiels tels que la chapelle Notre-Dame-de-la-Résurrection et le pavillon administratif. De 1875 à 1900, les changements de société et le développement de Montréal se manifestent par la création de sections réservées aux communautés culturelles et par le choix de monuments majestueux.  

 

La porte d'entrée du Cimetière a eu une première version temporaire avant de voir s'ériger la porte monumentale de Victor Bourgeau. Celle-ci, construite entièrement en pierre, se détériore et est en partie démolie en 1926. Ce n'est qu'en 1998, selon les plans de Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier architectes qu'est installée la porte actuelle, agrémentée d'un arceau métallique. Cette porte est devenue une 'image forte du cimetière. 

 

Dans les décennies qui suivent, la construction des mausolées façonne le paysage, de même que la transformation, en 1994, du premier charnier en mausolée Sainte-Claire-d’Assise (voir la photo en haut de page). Situé dans l’axe de l’entrée principale de la Côte-des-Neiges, on y ajoute un bassin en façade, qui accueille majestueusement les visiteurs. Ce lieu est désormais appelé Place de la commémoration. L'intégration de l'eau dans la création de cette place de rassemblement n'est pas anodin. En effet, les mouvements des jets d'eau attirent l'oeil vers le mausolée, et le son appelle au recueillement et à la sérénité. Tout comme la montagne, la signification de l'eau dans la religion chrétienne est aussi importante : elle symbolise la vie éternelle. "Jésus lui répondi t: "Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; Au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant pour la vie éternelle." Évangile selon Saint-Jean, chapitre 4,13 et 14. 

Ces réalisations architecturales et la gestion du développement paysager du Cimetière démontrent depuis toujours la volonté de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal de préserver ce lieu unique et de le moderniser dans le respect de sa mission première et de son environnement

L'entrée, chemin de la Côte-des-Neiges